
Le secteur de la Microfinance a jusqu’ici œuvré dans une relative discrétion. Celle qui sied à des femmes et des hommes engagés dans une noble cause en faveur des populations démunies. Le moment est cependant venu de communiquer sur l’ampleur du travail accompli, les chantiers ouverts et les perspectives envisagées.
Le bulletin que vous tenez entre les mains a justement pour but de remplir ce rôle. Trimestriellement, il présentera les faits, les réalisations, les innovations. Il présentera aussi bien les institutions individuellement à travers leurs accomplissements que le secteur globalement dans sa passionnante évolution. Car elle l’est effectivement. Une passion ressentie par l’ensemble des acteurs dont l’enthousiasme n’a d’égal que leur ferveur à convoyer les ressources qui donneront à des milliers de gens de condition modeste, la chance de réaliser leurs rêves, de se projeter dans l’avenir, de retrouver les chemins de la dignité. Car, le micro-crédit n’est pas un acte de charité, mais la fourniture sur une base de prêt au porteur d’un micro-projet des moyens de créer de la richesse et partant, la possibilité de s’insérer en tant que personne responsable et utile dans son milieu social.
Le secteur de la Microfinance, avec ses 12 membres organisés dans une Fédération Nationale des Associations de Micro-crédit (FNAM), a ouvert de grands chantiers. Leur nature et leur envergure dénotent l’ampleur de ses ambitions à s’inscrire dans une trajectoire de croissance maîtrisée qui le crédibilise davantage auprès des bénéficiaires, des autorités de tutelle, des bailleurs de fonds et, plus généralement, de toute institution susceptible et intéressée par son accompagnement dans sa mission. Nous ne manquerons pas de communiquer en temps utile sur chacun des chantiers ouverts et chacune des réalisations enregistrées. En attendant, et après avoir finalisé le statut et le règlement intérieur de sa Fédération, adopté un code de déontologie, retenu des critères de répartition des fonds publics entre ses membres, le secteur est engagé dans de vastes chantiers tels la mise sur pied d’une centrale des risques, l’établissement de normes comptables, la réflexion sur des règles prudentielles.
Conscient que son développement ne peut plus être basé sur les donations des bailleurs de fonds mais par son insertion durable et harmonieuse dans son environnement financier, le secteur de la Microfinance national s’est mobilisé autour de l’organisation d’une grande Conférence nationale au cours de laquelle il vise à mieux faire connaître les caractéristiques spécifiques de son activité et l’instauration d’un fonds de refinancement de nature à répondre aux besoins multiples et multiformes des institutions de micro-crédit. C’est un projet ambitieux auquel je convie d’abord nos membres à s’y déployer avec toutes leurs ressources et leur enthousiasme habituel, mais auquel sont également invitées les bonnes volontés soucieuses de l’amélioration des conditions de vie de nos concitoyens et concitoyennes de condition modeste.